RWANDA: LETTRE DES PRISONNIERS DU MALI À L’UNSC POUR DEMANDER LA MISE EN PLACE D’UN ORGANE JUDICIAIRE INTERNATIONAL POUR REPARER LES ERREURS DU TPIR/MTPI

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Prisonniers Rwandais de l’ONU                                                                Koulikoro, le 14 Octobre 2016

Quartier Pénitentiaire du MTPI

Maison d’Arrêt et de Correction do Koulikoro

BP.37 KOULIKORO

République du MALI

 

– A son Excellence Monsieur le Président du Conseil de Sécurité

de l’ONU

– A Son Excellence Monsieur le Secrétaire General de l’ONU,

New-York  via PNUD-MALI

 

Objet : Pour la mise en place d’un Organe judiciaire international chargé de réparer

les erreurs du TPIR/MTPI

 

Excellences,

Nous, soussignés prisonniers Rwandais de l’ONU à Koulikoro (Mali), prenons l’initiative de nous adresser à vous qui détenez l’autorité  de l’Institution suprême d l’ONU, pour  vous demander la mise en place d’un Organe judiciaire international charge de réparer les erreurs du TPIR/MTPI

        Par sa dernière lettre du 30 Juin 2016, répondant à notre lettre du 27 Janvier 2015, M. Theodor Meron s’est exprimé en ces termes :

“I turn to the other issues you have raised. In the allegations you have made of alleged selective prosecutions and wrongful prosecutions by the ICTR, and further to my letter to you of 26 June 2012 which was in response to your letter of 28 May 2012, I reiterate that as propounded by the Statute of the Mechanism adopted by the Security Council under Security Council resolution 1966, the Mechanism does not have jurisdiction to indict new persons for substantive crimes. Its mandate is limited to the prosecutions of those persons that have already been indicted by the ICTR for substantive crimes and remain fugitives. In addition, as provided in its Statute, the Mechanism has jurisdiction to prosecute persons who knowingly and willingly interfere or have interfered with the administration of justice by, or who knowingly and willfully give or have given false testimony before, the Mechanism or the ICTR.”

Il va sans dire qu’une telle réponse ne pouvait pas nous satisfaire. Raison pour laquelle nous sommes déterminé à continuer d’associer notre voix à plusieurs d’autres, nombreuses à travers le monde qui n’ont pas cessé de plaider pour une justice pour tous, une paix durable et une réconcilions sincère au Rwanda et dans toute la Région des Grands Lacs Africains.

La question qui demeure sans réponse et que l’amour de notre pays et de notre peuple nous oblige à poser est celle de savoir : « Qui réparera les torts et les erreurs commises par le TPIR dans la cadre de la mission que lui avait confiée le Conseil de Sécurité des Nations Unis au nom de la Communauté Internationale et de l’humanité »

Etant donné que les autorités judiciaires du MTPI ont opposé une fin de non-recevoir catégorique à notre demande insistante, nous faisons recours à l’autorité qui a créé le TPIR/MTPI en lui assignant la mission de juger les personnes présumées responsables des crimes qui on heurte la conscience afin de combattre l’impunité, jeter les bases de la réconciliation du peuple rwandais et contribuer au rétablissement et au maintien de la paix au Rwanda et dans la région

Aujourd’hui, personne ne saurait constater le fait que le TPIR/MTPI a failli gravement à sa mission, notamment par des faits suivants :

– La garantie de l’impunité assurée aux penseurs, auteurs et planificateurs de l’apocalypse qui s’est battu sur notre pays, le Rwanda

– L’impunité garantie aux personnes responsable de l’attentant contre l’avion du président Habyarimana abattu le 6 avril 1994, crime terroriste qui a déclenché le génocide voulu et souhaite par tous ceux qui sont derrière cet attentant

– La justice discriminatoire qui n’a visé que la partie attaquée et vaincue, ainsi que le refus de poursuivre les auteurs de la désolation du peuple rwandais, même en ne considérant que la période du 1er Janvier au 31 Décembre 1994

– La condamnation des innocents sur base des accusations mensongères, des éléments de preuves et des faux témoins fabriqués de toutes pièces par le régime dont la plus part des dirigeants portent la plus grande responsabilité dans le génocide jugé devant le TPIR/MTPI

– Le refus obstiné de prendre en considérant les résultats des enquêtes fiables et crédibles commandités par  les organes habilités des Nations Unis et d’autres Etats, simplement en raison qu’ils accablaient la partie qui a gagné la guerre et mettait en cause le FPR et son président Paul Kagame.

– La résistance entêtée à la recherche et au respect de la vérité  et la désinvolture face à la vérité et a l’équité

La stratégie sournoise est connue, mais elle ne résistera pas à la vérité qui finira par triompher. En administrant une justice partiale garantissant  l’impunité  au vainqueur, on aura peut-être donné le temps nécessaire pour permettre à ce dernier de faire disparaitre  les preuves et éliminer les témoins gênants, mais on n’aura pas apporté une réponse appropriée à la question cruciale de justice, de vérité, de réconciliation et de paix au Rwanda et dans tous les pays voisins. Seule une justice juste, impartiale et réconciliatrice est le véhicule de paix et de développement durables auxquels aspirent les populations de la région des Grands Lacs africains. Nous souhaiterions que vous soyez le promoteur de cette justice et le moteur de la vérité.

Excellences, Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire General, nous ne partageons pas cette position obstructive du MTPI, qui refuse ne serait-ce que de vous faire des propositions allant dans le sens d’élargir son mandat   comme nous le proposions au Président du MTPI en ces termes :

«  Excellence Monsieur le Président, nous croyons que devant l’humanité et les Nations Unis que représente l’Institution que vous présidez, le Mécanisme a un devoir plus large face à la justice  et a l’histoire des peuples des Grands Lacs africains. Nous pensons qu’il n’y aurait aucune raison de ne pas l’assumer. Ainsi, le Mécanisme devrait prendre les devants pour proposer à qui de droit, en l’occurrence le Conseil de Sécurité des Nations Unis, l’élargissement du mandant du MTPI. Une autre alternative serait la création d’un autre organe  judiciaire charge de réparer les erreurs du TPIR »

Vous devrez noter que dans sa réponse, tout en nous opposant une fin de non recevoir, le prédisant du MTPI n’a pas estimé que notre proposition soit futile ou impossible.

Mais alors, combien de temps faudra-t-il pour que la vérité triomphe et soit reconnue par une juridiction internationale ? Il est injuste de continuer à refuser, et ce pour des motifs manifestement infondés, les témoignages directs et crédibles sur la tragédie rwandaise, uniquement dans le but de protéger les intérêts de ceux à qui il a été donne tout le temps pour fabriquer de fausses preuves et effacer  les preuves qui les accablent ou souvent pour justifier les condamnations déjà faites avant même le procès.

Jusqu’à quand devra-t-on continuer de faire la sourde oreille aux déclarations des anciens hauts responsables du FPR et mentors du président Paul Kagame qui n’ont cessé de reconnaitre devant le monde et même le TPIR  les actes de génocide, les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité que le FPR et eux-mêmes ont commis contre le peuple rwandais dans son ensemble ?

Ceci étant, nous vous demandons de bien vouloir mettre en place un dispositif permettant de créer toutes les conditions favorables à la mise en place d’un « Organe judiciaire international », ayant pour mandat de réparer les erreurs du TPIR/MTPI, de juger toutes les parties à la guerre d’agression lancée contre le Rwanda par le FPR et son armée depuis le 1er Octobre 1990.

Vous êtes sans ignorer que cette agression et cette guerre  qui a culminé dans l’assassinat des présidents Habyarimana du Rwanda et Ntaryamira du Burundi ont provoqué des crimes innombrables de génocide, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité sur le territoire de la République rwandaise celui de la république du Congo (Ex-Zaïre) et dans les pays voisins.

Vous n’êtes pas sans savoir également que, pour le Rwanda et cette région, les rapports des enquêtes diligentées par les Nations Unis et d’autres Organismes non gouvernementaux et des droits de l’homme on fait état d’un  record macabre de 8 millions de victimes humaines, de la destruction de la faune et de la flore et d’autres atteintes à l’environnement, ainsi que la destruction et la profanation des sites historiques et culturels. Vous n’ignorez pas que ces guerres ont laissé dans la désolation et le désarroi des milliers de veuves, veufs et orphelins, ainsi que des blessés physiques  et des personnes vivants avec des traumatismes de tout genre.

Le peuple rwandais, tous les peuples de la région des Grands Lacs, et le monde entier en général gardent les yeux tournés vers l’ONU et réclament Vérité, Justice et paix, seuls fondements du pardon véritable et d’une réconciliation sincère. Si ce n’est pas vous, qui d’autre s’en occupera ?

Dans l’espoir d’avoir été bien compris, nous vous prions de bien vouloir agréer,

Excellences, Monsieur le Président, Monsieur le Secrétaire General, l’expression de notre très haute considération

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One Response to RWANDA: LETTRE DES PRISONNIERS DU MALI À L’UNSC POUR DEMANDER LA MISE EN PLACE D’UN ORGANE JUDICIAIRE INTERNATIONAL POUR REPARER LES ERREURS DU TPIR/MTPI

  1. Olivier KAKA dit :

    Qui vivra, verra. Toujours Dieu Tout Puissant est le Juge infatigable. Il attend le moment jus.Nous le peuple rwandais, vivons dans la injustice que nous a infligée la Communauté International au nom de certaines puissances de ce monde.Nous prions beaucoup pour vous, pauvres prisonniers de ce monde sans honte ni justice.Qui de nous , rwandais,ayant vaincu cette tragédie n’en connaît pas la vérité? Gahoro gahoro, amaherezo ni mu nzu!À voir comment vous étiez recherchés comme les criminels redoutés avant ces procès fantoches, ne croirait pas que à cette heure, pouvez unir la voix pour réclamer nos droits. Imana ibakomeze, ni mwe izanakoresha kurangiza aya mahano.

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