FDLR (Forces Démocratiques de Libération du Rwanda) : L’ART DE FRAPPER RAREMENT MAIS LOURDEMENT

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Dans la nuit  du 09 au 10 décembre 2018 vers minuit, alors que la quasi-totalité des domiciliés de BUGESHI était plongée dans un sommeil profond, les localités de KANYESHEJA, KABUHANGA, MUTI, KABUMBA, MUDENDE et environs ont été réveillées par des crépitements et détonations assourdissants de bombes, roquettes, grenades, mitrailleuses de tous calibres, cris et sifflets des assaillants. Les combattants des FDLR venaient d’ouvrir un concert inhabituel en pénétrant incognito dans les tranchées et fortifications des FRD (l’armée de Kagame) pour la démonstration de leur expédition punitive avant de laisser la grande partie de la position à feu et à sang et après trois heures d’occupation. De l’avis des spécialistes, c’était une attaque d’une rare efficacité dans les conditions particulièrement difficiles, hautement soignée par les stratèges jusqu’aux moindres détails et qui, désormais mérite d’entrer dans l’histoire à l’image du fameux raid israélien d’Entebbe!

 

Au chapitre des dégâts subis par Kigali, les informations recueillies auprès de la population locale, les images et supports audiovisuels rendus public par les FDLR sur leur butin de guerre restent sans équivoque ( hôpital de Gisenyi débordé de morts et blessés, le nombre impressionnant d’ambulances mis en œuvre pour interventions, matériels et équipements divers récupérés, position incendiée ).  Les  » Inkotanyi  » n’ont eu droit de s’enfuir laissant le tout derrière : caisses de munitions, armement léger et lourd, matériel de transmission, uniformes militaires, documents administratifs, cartes de service des militaires et j’en passe.

En effet, tout un bataillon lourd armé jusqu’aux dents venait d’être battu à plate couture et mis en déroute dans un laps de temps ; le pire était à craindre. Ces fuyards peuvent remercier le facteur chance d’une nuit totalement obscure qui n’a pas permis la poursuite, sinon les dégâts allaient s’alourdir!

Dès  l’ouverture du feu, les hostilités donnaient l’impression d’un combat inégal et des salves de tirs à sens unique. Soudain, les habitants perchés dans leurs observatoires des fenêtres entendirent et virent les troupes gouvernementales courir à toute vitesse (telle lors de la grande peur des animaux), pieds nus et sans armes, déshabillées mais traînant draps et couvertures pour cacher les caleçons, tellement la surprise était totale dans ce grouillement de sauve-qui-peut … Terrible et du jamais vu !

 

L’humiliation, la honte, la consternation, l’angoisse et le désarroi dans  » le pays de mille problèmes  » ont été d’autant plus graves que cette épreuve venait de s’abattre sur l’une des unités des FRD souvent présentées comme forces d’élites qui rentraient des missions onusiennes du Darfour ! Voilà qui pourrait expliquer en partie pourquoi le lendemain matin, Paul Kagame a choisi ce moment précis pour renouer avec son uniforme militaire qu’il avait pratiquement enterré depuis l’an 2000 ! A cette occasion des cérémonies de clôture des entraînements et des exercices de son armée à  Gabiro, il voulait visiblement calmer les esprits ébahis de son clique au pouvoir et donner l’impression qu’il restait malgré tout un buffle solitaire impitoyable même après la perte de ses propres cornes de défense.

 

Pour la énième fois, le régime-champion dans la manipulation du mensonge a soufflé le chaud et le froid pour tenter de falsifier et rassurer l’opinion sur le bilan de cette opération innommable. Le régime du FPR a tour à tour nié l’existence de cette incursion, désigné la population civile comme cible de cette attaque, désorienté les pertes plutôt du côté des assaillants et inventé le bilan positif en sa faveur. Du même coup, il lui a fallu trouver les bouc-émissaires  qui devaient endosser la responsabilité de ce fiasco et le choix fut tombé sur 3 officiers supérieurs de la chaîne de commandement qui se sont vus soumis aux interrogatoires serrés avant d’être arbitrairement suspendus. Comme cela ne suffisait pas, la population locale a quant à elle, été traumatisée par les autorités locales et l’armée en la forçant de produire médiatiquement les fausses déclarations favorables au régime.

 

Au finish, c’est le président Kagame lui-même qui a fait mine de lever la confusion après plus de 4 jours des faits, en reconnaissant ouvertement et pour la première fois de son histoire que les FDLR lui avaient causé autour de 3 pertes en personnel, dans un style pour le moins évasif et propre aux menteurs … Il venait de se rendre compte que malgré sa politique de cache-cache, le monde entier était déjà inondé de preuves matérielles irréfutables sur le revers subi par son armée. Son grand regret, il a été contraint par les FDLR d’avouer contre son gré !!!

 

Paul MUGABO / Rubavu

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