L’IMPUISSANCE DU MENU PEUPLE RWANDAIS (Partie 1)

Inkotanyi
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La science politique est un ensemble des savoirs de gestion de la chose publique cumulés au fur du temps englobant le droit, la gestion, l’économie…, et l’art de la guerre. La politique est insaisissable au commun de mortel du fait de l’art de la guerre. Le chef d’état chef suprême des armées et ses collaborateurs civils tant militaires ont un devoir de réserve pour éviter de naviguer à vue. Le fameux secret d’état ou raison d’état. Pour cultiver le mystère et broyer la politique de défense, la propagation de la propagande à un rôle majeur dans la désinformation de l’opinion. Ainsi en dehors des initiés, pour dépister l’orientation politique d’un pays il faut dès le plus jeune âge avoir suivi régulièrement l’actualité pour être en mesure de distinguer le vrai du faux sans commettre beaucoup d’erreurs. Aujourd’hui la transparence dans la gestion des pays est exigé dans l’intérêt de la démocratie et de la lutte contre la corruption. Cependant il existe une partie importante des informations qui restent classées secret.

Dans le but de comprendre la gouvernance et comment le royaume Nyiginya-tutsi a pu s’agrandir et conserver ses nouvelles conquêtes rien ne vaut cet extrait du livre «LE PRINCE» de NICOLAS MACHIAVEL chapitre III page 13 et 15. Nicolas MACHIAVEL (1469-1527) fut un homme politique et philosophe italien, un des premiers théoriciens de l’action politique de la Renaissance. Son ouvrage est accusé d’immoral. Selon wikipedia, la Renaissance est une période de l’époque moderne associée à la redécouverte de la littérature, de la philosophie et des sciences de l’Antiquité, qui a pour point de départ la Renaissance italienne.
Extrait du livre LE PRINCE :
«««Je dis donc que les nouvelles conquêtes qu’un Prince ajoute à son ancien domaine, sont du même pays et du même langage que l’ancien domaine, ou diffèrent en l’un et en l’autre. Quand elles ne diffèrent point à cet égard, il est bien plus facile de les conserver, surtout s’il s’agit de pays qui ne sont point accoutumés à la liberté. Si l’on veut les posséder en toute sûreté, il n’y a qu’à éteindre la race des Princes qui y régnaient. En conservant leurs anciens droits, ces peuples vivent en repos, parce qu’ils voient que leurs nouveaux maîtres ne changent rien aux coutumes établies. C’est ce qui se voit aujourd’hui en France, à l’égard de la Bourgogne, de la Bretagne, de la Gascogne et de la Normandie, qui sont depuis si longtemps sous la domination de la Monarchie : car quoique ces provinces diffèrent un peu, par le langage, des autres du Royaume, néanmoins, leurs coutumes étant à peu près semblables, les peuples se souffrent aisément les uns les autres.

Ainsi donc, celui qui fait des conquêtes de cette sorte, n’a que deux choses à observer: la première est d’éteindre entièrement la race des Princes qu’il a dépossédés; la seconde est de ne rien changer dans les lois, les coutumes et les impôts; moyennant ces précautions, les pays conquis ne tarderont pas à ne faire plus qu’un même corps avec l’ancien domaine de leur nouveau maître. Mais si l’on conquiert des pays différents de langage, de coutumes et de gouvernement, c’est là qu’on rencontre de grandes difficultés, et qu’on a grand besoin de bonheur et d’adresse pour les conserver. L’un des meilleurs moyens pour cela, serait que le nouveau conquérant allât y faire son séjour, ce qui lui rendrait la possession plus durable et plus assurée: C’est ce que le Turc a pratiqué à l’égard de la Grèce; car quelque bon ordre qu’il y eût pu établir autrement, jamais il ne l’aurais conservée en paix, s’il n’avait mis ce moyen en usage. En effet, quand un Prince est sur les lieux, il voit naître les désordres, et il y peut remédier dans leurs premiers commencements; mais lorsqu’il est éloigné, il ne peut connaître le mal que lorsqu’il est déjà grand et presque sans remède. De plus, un pays habité par le souverain même, n’est pas si exposé aux extorsions de ses ministres, parce que les peuples peuvent aisément avoir recours à leurs maîtres: ce qui le leur rend aimable, s’ils sont dans l’intention de faire leur devoir ; et sa présence aussi les tient dans le respect, en cas qu’ils eussent de mauvais desseins. Par conséquent, il est difficile de conquérir un État où le Prince fait sa résidence.

Après la présence du Souverain, il n’est point de moyen plus assuré, pour conserver un pays de nouvelle conquête, que d’envoyer des colonies dans quelques endroits qui soient comme les clés du pays; car il faut user de cette politique, ou bien vous serez obligé d’y entretenir de grosses garnisons. Les colonies ne coûtent presque rien au Prince; et il ne fait du mal qu’à ceux qu’il dépouille de leurs terres et de leurs maisons, en faveur des nouveaux habitants qu’il y envoie. Quant à ceux qui perdent leurs biens, et qui ne sont que la petite partie de l’Etat conquis, il n’y a rien à craindre de leur part, vu qu’ils sont dispersés et pauvres; et tous les autres qu’on a laissés en paix chez eux, y demeurent sans penser à troubler l’Etat, dans la crainte d’être chassés à leur tour, comme leurs compatriotes. Je conclus donc que ces colonies sont avantageuses en plusieurs choses: elles ne coûtent rien; elles sont moins à charge au pays; et enfin, ceux qui en souffrent, étant pauvres et dispersés, ne sont pas en état de se venger du mal qu’on leur a fait. Car il faut ne point faire du mal aux peuples, ou bien il les faut exterminer tout à fait, vous souvenant qu’on n’oublie jamais les mauvais traitements que l’on aura reçu, lorsqu’ils ne sont que médiocres, mais que l’on n’en pourra jamais tirer raison, s’ils sont extrêmes. Aussi, ne faut-il jamais maltraiter personne, à moins qu’on ne lui ôte entièrement le pouvoir de se venger.»»»
Et la page 27 du livre chapitre V:
« Mais lorsqu’un État nouvellement conquis était, avant cela, gouverné par un Prince, il n’y a qu’à en éteindre la race: parce que les peuples, étant, d’un côté, accoutumés à être soumis, et de l’autre, n’ayant plus leur ancien maître, ne seront jamais d’accord entre eux pour s’en donner un nouveau de leur choix ; et ils ne savent comment s’y prendre pour se rendre libres. Tout cela les rend plus paresseux à prendre les armes. Il est donc bien plus aisé à un nouveau conquérant de s’établir dans leur esprit et de s’assurer d’eux.»
Ce mode opératoire pour gouverner un territoire nouvellement conquis mis en exergue par Nicolas MACHIAVEL est le même que la monarchie Nyiginya-tutsi avait adopté à son époque. On relève que le Rwanda ancien pour conserver le pays nouvellement conquis pratiqua, 1, l’extinction de la ligne régnante vaincu. Car après cela, il ne restait plus personne qui eût aucun crédit sur le peuple.

En outre, le monarque rwandais avait, 2, une résidence (urugo rw’umwami) dans l’ensemble de son territoire. Il était constamment mobile dans les quatre coins de son pays, sa présence réduisit toute velléité de révolte.
3, en envoyant les abatware et leurs hutu et twa pour gouverner les ibikingi cela constitua des colonies.
Il y a deux autres règles qui ne sont pas dans l’extrait. La quatrième règle est d’affaiblir les royaumes voisins et ne jamais les permettre de devenir puissants. La cinquième règle est de ne jamais laisser un autre Prince puissant visiter le nouveau domaine. De cette façon, au sujet de la gouvernance des territoires nouvellement conquis, à l’aide de ces cinq règles de NICOLAS MACHIAVEL, tout rwandais, hutu-tutsi-twa, pour les plus jeunes peut désormais tutoyer le code ésotérique Nyiginya-tutsi. L’impuissance du peuple face à la faillite du leadership d’hier est semblable à celui que nous souffrons depuis le 06 avril 1994.

Jean UWIZEYE

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