Affaire Rusesabagina: Les autorités belges auraient été mise au courant mais n’auraient rien communiqué à la famille

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Trois semaines déjà passées depuis le kidnapping de Paul Rusesabagina, mais le mystère et  des zones d’ombres subsistent toujours quant à la façon dont le héro de « hôtel Rwanda » a atterri à Kigali.

D’ailleurs il aurait été lui-même évasif lorsque des diplomates belges, selon une source, l’ont interrogé à ce sujet.

Les derniers contacts avec sa famille remontent à Jeudi soir le 20 Aout par téléphone lorsqu’il se trouvait aux Etats Unis.

Il se rendra ensuite à Dubai pour des raisons d’affaires. Après ce soir-là ça sera le silence radio.

Il réapparut Lundi matin 4 jours après, sur une photo faisant  la une des medias, menotté et entouré de deux policiers à Kigali.

Sa famille n’a jamais été prévenue malgré que l’ambassade de Belgique,  aurait été mise au courant dès son arrivée sur le sol rwandais, comme le prévoit les règles étant donné que celui-ci jouit de la nationalité belge.

Il faut rappeler ici qu’il a obtenu le statut de réfugié politique avant sa naturalisation, de ce fait il ne jouit qu’exclusivement de la nationalité belge et non de la double nationalité (Belge / Rwandaise). Ce qui serait compréhensible, dans le cas contraire, de pouvoir être jugé au Rwanda sans une demande d’extradition bien motivée.

Le silence des autorités belge sur son cas laisse perplexe plus d’un.

D’après le RIB (Rwanda Investigation Bureau) il serait rentré dans l’avion de son plein grès.

Ce qui est difficile à croire car Paul Rusesabagina était au courant qu’il était recherché par Kigali.

En effet après lui avoir discerné le prix Condorcet-Aron, suite  à son rôle de protecteur lors des évènements de 94 à l’hôtel des milles colline à Kigali, il avait été félicité par le régime du FPR qui par après l’avait même courtisé afin de travailler avec lui.

Celui-ci déclina l’offre catégoriquement, préférant dénoncer plutôt  un régime sanguinaire. En profitant de sa notoriété fraichement acquise il en dévoila sa face caché, au moment où le monde entier chantait les éloges de ce dernier.  Il fut ainsi parmi les premiers à ébranler publiquement la version officielle propagandiste de Kigali.

Cela devenait très embarrassant pour Kigali, car de par son rôle de sauveur des tutsi  en 94, le régime du FPR ne pouvait pas l’accuser de génocidaire comme cela est coutume chez eux, lorsqu’une personne n’accepte pas leurs avances.

Il fut considéré des lors  comme l’ennemi numéro un du régime de Kigali.

Il continuera d’œuvrer pour la paix ainsi que la vraie réconciliation en tant qu’activiste des droits de l’homme via des associations.

Le non-respect des droits humains les plus fondamentaux, le manque d’ouverture de l’espace politique, le harcèlement des opposants et de la presse, les assassinats politiques ainsi que les arrestations arbitraires ne laissent guère d’autres choix à l’opposition rwandaise que celui d’utiliser la méthode forte. Certains vont même jusqu’à envisager de pouvoir exercer une pression militaire sur le régime.

Mais c’est surtout après que Paul Kagame le président rwandais, aie manipulé la constitution pour briguer un troisième mandat que ce sentiment a grandi chez les exilés rwandais, de plus en plus déterminés à soutenir la lutte armée via les groupes FDLR (Forces Démocratiques de libération du Rwanda), FLN (Forces de Libération Nationale) ou encore le FDU (Forces Démocratiques Unifiées).

C’est bien le cas de Paul Rusesabagina qui fonda le MRCD (Mouvement rwandais pour le changement démocratique) avec sa branche armée FNL, cité ci haut.

Selon le contexte actuel est-ce vraiment condamnable ? Il est pourtant accusé de terrorisme

Après tous c’est bien ce que le FPR avait fait en 1990, prendre les armes pour revendiquer des droits qui leur semblaient bafoués.

Pourtant à cette époque-là cela ne semblait pas déranger la communauté internationale.

Pourquoi cela serait diffèrent pour les autres ?

Le mot terroriste est abusivement utilisé dans ce contexte, il est uniquement évoqué pour intimider et stopper cette dynamique des mouvements révolutionnaires qui commence à gagner aussi bien la jeunesse rwandaise en exils que celle de l’intérieur du pays.

Encore une fois la barrière entre terroristes et combattants de la liberté (Freedom fighters) est déplacée selon les intérêts.

Il est à souligner qu’au moment de la prestation de serment de Nelson Mandela en tant que premier président noir Sud-Africain, son parti l’ANC figurait toujours sur la liste des mouvements terroristes et cela demeurera encore longtemps après. Ça  ne l’a  pas empêché de continuer sa lutte jusqu’à la victoire et recevoir par après le prix Nobel de la paix pour son engagement dans la réconciliation d’un peuple qui avait été déchiré par l’apartheid pendant des années.

De terroriste à prix Nobel de la paix, ce cas précis démontre bien que le terme terroriste est assez relatif au climat et aux enjeux politiques.

On ne peut, de ce fait, s’empêcher de penser à cette célèbre phrase de Voltaire:

 » Aucun problème ne peut résister à l’assaut de la pensée soutenue ».

Ou encore celle de Martin Luther King: » Chacun a la responsabilité morale de désobéir aux lois injustes »

Sergeï MIGAMBI,

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