Massacre à l’Université du Burundi -Plus jamais ça au Burundi

Ndadaye
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Année Académique 1993-1994 : Après la victoire écrasante du premier président HUTU démocratiquement élu, Son Excellence Melchior NDADAYE Melchior qui a été assassiné après seulement 3mois, les étudiants Tutsi de l’Université du Burundi n’ont pas cessé d’intimider leurs camarades Hutu. A cette époque, M. Clément NKURUNZIZA était Président de l’Association des Etudiants de RUMURI (ASER). Il a participé activement dans l’organisation et les tueries des Hutu. Des différentes réunions étaient organisées dans les amphithéâtres, ODEON, derrière le restaurant universitaire. C’est dans ce lieu que M. Clément NKURUNZIZA et ses amis Willy MADIRISHA, un surnommé VACHE, Emmanuel NKURUNZIZA (tous les 4 des Bahima burundais), appelaient les tutsi Bahima burundais à « nettoyer les campus de l’université de ces saletés de hutu (gukura iyo micafu y’abahutu muri kaminuza). Cette année académique a été marqué par la fuite des étudiants Hutu menacés de mort par les Tutsi. Cela étant, certains étudiants Hutu qui ignoraient la politique, soit disant qu’ils étaient chrétiens, se liaient aux Tutsi et cette liaison permettait aux tueurs Tutsi de justifier que l’Université hébergeait toutes les ethnies. Signalons que lors de la fuite, un étudiant Hutu Floribert de la Faculté des Sciences Poly II a été tué au campus Mutanga. De surcroit, l’année académique 1993-1994 a été marqué par un grand taux de réussite contrairement aux années antérieures et des années suivantes. Et d’ailleurs, c’est la seule année, dans la vie de l’Université qu’apparait ce taux. Ce qui justifie que l’année a été très frauduleuse en faveur des étudiants qui ne faisaient que barricader les rues, faire des marches manifestations dans la capitale, tuer tout Hutu qui passe, etc. .

clement_nkurunziza

Figure1. Clement Nkurunziza

 

Année Académique 1994-1995 : Au début de l’année académique 1994-1995, les étudiants et les autorités Tutsi de l’Université ont essayé de tout faire pour qu’aucun étudiant Hutu n’y revienne. Les Hutu ont pris l’inscription mais à la sortie des listes des inscrits, aucun étudiant Hutu n’y figurait, et comme ça les Hutu ne pouvaient bénéficier, ni la bourse, ni le loyer au campus, ni la cartes de restauration. Donc, privés de tous droits sociaux. Mais comme les étudiants Hutu continuaient à crier, la situation a été tardivement débloquée grâce au concours du Vice-Recteur le Dr BAKUNDA Athanase et au Recteur Dr Ir Pascal Firmin NDIMIRA. Le recteur a été par la suite remplacé par un tutsi Dr Ir Fidèle RURIHOSE. Ce qui montre la complicité des autorités supérieurs. Appuyés par quelques autorités Tutsi et le Président de l’ASSER, les tutsi n’ont pas cessé d’organiser et de planifier l’exclusion de tout Hutu de l’Université (étudiants hutu, tout travailleur et professeur Hutu). Après le départ du Recteur Dr Ir Pascal Firmin NDIMIRA, les étudiants tutsis, révoltés par le professeur extrémiste Tutsi NDAYISHIMIYE Jean Pierre, ont décidé d’arrêter les cours afin de chasser le vice-recteur le Dr BAKUNDA Athanase, un Hutu qui restait au rectorat, pour des raisons non fondées selon leurs dires. Le Recteur Dr Ir Pascal Firmin NDIMIRA a vite déclaré qu’il est incapable de régler l’affaire. Craignant pour sa sécurité, le vice-recteur a préféré ne plus se présenter au travail. En date du 22 Mars 1995, une assemblée générale des étudiants a été convoquée par le président de l’ASSER Monsieur Clément Nkurunziza. Dans son communiqué lu à la Radio Nationale, il avait précisé l’ordre du jour : « Problèmes de sécurités dans les campus universitaires. ».  Mais, dans l’assemblée, le sujet a été dévié par le président de l’ASSER lui-même et le nouveau sujet est devenu : « Comment chasser les Hutu de l’Université ». Un étudiant qui a pris la parole en premier lieu est un tutsi du nom de MADIRISHA Willy. Il faut balayer tous les campus universitaires, enlever les saletés (pour dire Hutu), afin que nous fassions des entrainements militaires facilement ici dans les enclos des camps. A-t-il dit. Au lendemain de la réunion, après avoir menacé les Hutu, les tutsi sont descendu dans les rues, avec des pancartes aux écris incendiaires dans les mains. Entre temps, les Hutu ont décidé d’aller expliquer le problème au Recteur Dr Ir Fidèle RURIHOSE (Kwabaye gukomorwa n’incira ukitwara ku sato). Le recteur leur a demandé d’attendre. Constatant cela, les tutsi les ont rencontré là-bas, les ont malmenés, torturés, déshabillés, leur ont fait des malheurs de tous genre. Depuis 7h30, le recteur les a reçus dans l’après-midi. Malgré l’entassement des étudiant Hutu devant le rectorat durant tout l’avant midi, personne n’est parvenu à exprimer le problème en soit. Tout cela montre la complicité de Recteur Dr Ir Fidèle RURIHOSE, qui deux jours après la marche, s’est déclaré incapable d’arrêter les actes de violence, devant le ministre de la jeunesse, des sports et de la culture Dr Alphonse RUGAMBARARA qui avait l’enseignement dans ses attributions. Quant au ministre, aussi président du parti INKINZO, il a manifesté sa compréhension en faveur des étudiants Tutsi. Les actes de terrorisme et d’intimidations se sont poursuivis. Pendant l’entrainement militaire, les étudiants Hutu ont été enfermés dans les campus sous la surveillance des étudiants tutsis qui brandissaient des armes ; encadrés par les militaires tutsis qui étaient censés assurer la sécurité de tous les étudiants des campus. Le recteur et autres autorités de l’Université restaient dans un grand silence alors qu’on ne pouvait observer aucune nuit sans coup de fusil. Pendant qu’ils étaient enfermés, les étudiants Hutu ont subi des maux de tout genre : Torture physique et morale, dépourvu de tout droit (parler, communiquer avec l’extérieur, …). Certains même ont été poignardés et portés disparus. Il s’agit de : NTUNGA Salvator de la Faculté des Sciences, BIZOZA Bède de la Faculté des Sciences, NKESHIMANA Clément de la faculté des Sciences Economiques et Administratives (2è candi) qui a échappé à l’enlèvement. Les professeurs Hutu aussi n’étaient épargnés. C’est le cas du Dr Nicodème Nyandwi ancien doyen de la faculté des Sciences Economiques et Administratives (1992-1994) et du Dr SINZOYIHEBA de la même faculté. Le premier ministre du Burundi a tenté rencontrer les représentants des étudiants afin de savoir ce qui se passe. Malheureusement tous les représentants étaient des tutsi. Aucune idée n’est sortie de la bouche du Hutu et jusqu’à présent les hutu ne savent pas encore ce qui a été l’objet de la rencontre. Malgré cela, les étudiants HUTU continuaient de remarquer des anomalies qu’ils ne parvenaient pas à saisir : Des gens étrangers venaient passer des nuits au campus en entrainements militaires. Il s’agissait des « Sans Echecs, Sans Défaites, Milices Tutsi. » Des réunions de grandes personnalités se tenaient au campus. Le cas le plus frappant est celui de l’ancien Président Jean Baptiste BAGAZA qui a passé toute la nuit au campus Mutanga le 10/06/1995, deux jours avant les massacres. L’intensification des réunions du SOJEDEM (Solidarité Jeunesse pour la Défense des Minorités) et du parti PARENA dans les campus universitaires, dans lesquels on ne parlait que l’extermination des intellectuels Hutu, entre autres les étudiants, les élèves, enseignants et enfin tout fonctionnaire Hutu. La visite de surprise du Vice-Président et Ministre de la défense Rwandais, le Général Major Paul Kagame qui n’a fait qu’attiser le feu. Il venait pour montrer aux tutsi le plan d’extermination des Hutu utilisé par les tutsi rwandais. D’après lui ; les étudiant tutsi devraient imiter le drame rwandais lors duquel mille étudiants auraient été massacrés par leurs camarades. Le Président du Burundi S.E Sylvestre NTIBANTUNGANYA n’a pas été informé sur la visite de Kagame à l’Université du Burundi.

Kagamex

Figure 2. Paul Kagame, toujours present dans les tueries de Hutus au Burundi

 

EVENEMENT SANGLANT AU CAMPUS MUTANGA DANS LA NUIT DU 11 AU 12 JUIN 1995. Le jour noir était dimanche le 11Juin 1995. L’actuel Lycée du Saint Esprit (Ancien collège du Saint Esprit encore appelé Lycée Kamenge) fêtait son anniversaire. Etaient invités tout ancien élève dudit Lycée. C’est ainsi que certains étudiant y avaient répondu présent. Constatant que beaucoup d’intellectuels Hutu se regroupaient là, une réunion d’urgence des Sans Echecs, Sans Défaites et des Milices Tutsi associés aux membres du SOJEDEM (Solidarité Jeunesse pour la Défense des Minorités) et du parti PARENA s’est tenue à 15heures. L’objectif était de reporter la ville morte qui était prévue et de fixer les modalités de tuer les Hutu immédiatement. Juste au début de la fête, ces terroristes ont semé le désordre au sein des invités tout en visant les Hutu qui étaient là. Ils ont commencé à tirer des coups de feu et deux étudiants de l’Université et un ancien élève ont été tués sur le champ. Les autres étudiants ont pris fuite au couvent. Les étudiants élèves Tutsi ont menacé de détruire les portes du couvent, mais ils n’y sont pas parvenus. Tout cela s’est passé aux yeux de militaires Tutsi. La nuit approche. En effet, dans la nuit du 11 au 12 juin 1995, une centaine d’étudiants hutus ont été massacrés par leurs confrères tutsis avec la collaboration des « Sans-Echec » de Nyakabiga, certains professeurs et des militaires. Certains ont été tués atrocement à la grenade enfermés dans leurs chambres, d’autres ont été battus à mort, d’autres poignardés à la baïonnette et jetés dans des fosses communes creusées dans Nyakabiga et près de la Ntahangwa, d’autres dans des latrines, d’autres encore sont morts enfermés dans des locaux où ils s’étaient cachés pour fuir la fureur des tueurs enragés. Vers 18heurs, un étudiant du nom de NDAYISABA Alexis, qui rentrait au campus de Mutanga s’est vu attaqué par les étudiants Tutsi qui lui ont lancé des pierres. Arrivé dans sa chambre, NDAYISABA Alexis a changé sa chemise parce que l’autre était entassée de sang qui coulait des blessures. Il a vite essayé de voir comment fuir, mais ces criminels l’ont saisi à la sortir de sa chambre. Les autres étudiants Hutu qui étaient là ont subi le même sort. Ceux qui n’ont pas fui ont été exécutés. Ceux qui ont fui vers Nyakabiga, n’ont pas dépassé le quartier et ont été tués et enterré dans les fosses communes ou jetés dans les toilettes. Vers 19h30, une trentaine d’étudiant faisaient la prière dans la chambre et les tutsi sont sorti un à un sans avertir les Hutu qui se sont vu attaqués et tués sur place. Vers 21h, l’étudiant RURIMUZIKO Gordien a été tué devant les militaires qui assistaient à la tragédie sur le terrain de Basket Ball. A 21h30, le recteur est arrivé pour constater le fait. Tous ceux qui devraient l’informer étaient des tutsi. L’information qu’il a reçue, est la seule relative à la disparation de Monsieur Alexis, jusqu’à rentrer sans aucune information sur la mort de Gordien et les autres. Vers 22h00, un grand groupe des tutsis armés est venu en masse pour réclamer Alexis qui était sur le point de mourir, les militaires ont feint en tirant en l’air, mais les étudiants tutsis ont opposé une résistance et on finit à achever Alexis sous les yeux du recteur. Au même moment, on a entendu des coups de fusils en peu partout dans le campus et des explosions de grenades. Les étudiants Hutu dans une peur totale étaient enfermés dans les chambres. Des véhicules militaires circulaient dans le campus. C’est à ce moment que la situation est devenue grave. Le rôle de ces militaires a été de faciliter la salle besogne, voire de tuer et d’évacuer des cadavres le plus rapidement possible. Les étudiants tutsis ont commencé à défoncer toute chambre d’étudiant Hutu et à y lancer de grenades si l’occupant n’ouvrait pas rapidement pour ensuite être égorgé. Le plus étonnant est que, tout le campus était sillonné par des militaires pendant que les innocents étudiants HUTU criaient haut et fort au secours. Ainsi vers 5h du matin, tous les corps étaient quasiment évacués et n’en restait que 9 seulement. Toutes ces atrocités se sont produites en présence : du chef de poste militaire de Mutanga,  du directeur de la Régie des œuvres universitaires,  du nouveau président de l’ASSER nouvellement élu, Monsieur HABARUGIRA Gaspard (FSEA III) , de l’ancien président de l’ASSER, Monsieur NKURUNZIZA Clément (Histoire III) et du recteur de l’université Dr Ir Fidèle RURIHOSE qui a accepté de quitter le campus à 1heure du matin. Les gendarmes ont refusé au ministre de la jeunesse, des sports et de la culture Dr Alphonse RUGAMBARARA qui avait l’enseignement dans ses attributions de se rendre sur les lieux. Le matin, les criminels se sont reposés comme si rien n’était. Les étudiants Hutu rescapés ont profité de cette occasion pour quitter le campus. Ils n’ont rien emporté, certains même sont partis en culotte. Malheureusement ils ont été suivis et certains ont été exécutés même après le 12 Juin 1995. C’est le cas de : SIMBAYOBEWE Pascal, étudiant Hutu de la 1ère Licence en FSEA ,MACUMI Laurent, étudiant Hutu qui faisait l’IEPS et l’ISCAM en même temps en 1ère année, BACIRA Cyrile, étudiant Hutu de 2ème Licence à l’ITS, NDAYIHANGAZE Serges, étudiant Hutu de la 2ème Candidature à l’ITS, tués par les militaires de la position de Muyira à Kanyosha ,NSHIMIRIMANA Gustave, étudiant Hutu de la 1ère Licence en Chimie, tué à Mutanga Nord NIYONZIMA Floride, étudiante Hutu de la 2ème Candidature en Langues et Littératures Anglaises, tués par les militaires à la poste de Mutanga lorsqu’elle passait retirer sa bourse pour se servir de tiquet. Les autres étudiants Hutu tués n’ont pas été identifiés.

Professeur Dr Stanislas Ruzenza , Directeur de la Recherche Scientifique et professeur de la faculté de Psychologie et Sciences de l’éducation à l’Université du Burundi, avait osé demander de mener profondément des enquêtes pour connaître la vérité et les auteurs des crimes, découvrir les fosses communes et sauver éventuellement des étudiants hutu qui étaient cachés dans des locaux fermés. Il a payé un lourd tribut et été sauvagement assassiné en cravate au grand jour dans son bureau de travail le 21 juin 1995. Et ce, au vu de tout le personnel présent au Rectorat. Les tueurs sont repartis tranquillement à l’aise avec leur voiture qui ne cachait pas son immatriculation pour rejoindre le quartier de Nyakabiga. Bref, c’est un petit résumé de ce qui s’est passé à l’unique université du Burundi qui pour les tutsi devrait être une institution spéciale à eux. Mais il faut apprendre à vivre ensemble comme des amis, si non à mourir comme des chiens.

Le lecteur du journal Intabaza

Niyonkuru Protais

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5 Responses to Massacre à l’Université du Burundi -Plus jamais ça au Burundi

  1. mayugi dit :

    Il est vrai que les tueries ont eu lieu mais accuser Clément c’est hyper injuste, celui qui a mis en ligne ce texte est guidé par l’extremisme et la haine contre les « hima » (tutsi).

    • mulind dit :

      Abarudi mugomba kwemera ko mwishe abahutu benshi. Icyo ntabura kubabwira ni uko ubwiccanyi bwabaye mu 1972 buzahinduka jenoside. Ikibabaje ni uko abayikoze cyane bapfuye harimo na ba Bikomagu.
      Naho ku birebana na Kagamé n’agatsiko ke. ibyabo ntibiri kure

  2. Managanje Jmv dit :

    Igitekerezo Cyumuntu ni ntavogerwa.

  3. Ncamurwanko dit :

    Reka kubesha mwa nkoramaraso mwe.
    Ariko abahutu muzokwiza ibihiha gushika ryari?
    Mubeshe cangwa mureke mugabo inzirakarengane muriko muragandagura muzozibazwa.

    Amaraso mwasheshe azobakurikirana muvyanka canke muvyemera.

  4. Kanyoni dit :

    Ngibi ibyo Kagame akora aho ageze hose. Ariko rwose uyu mutindi ngo ni Kagame arashaka iki?
    Noneho ngo agiye gutera Uburundi kumugaragaro ariko Abarundi nabo baramwiteguye ngho bamuvugutire umuti burundi akire cga apfe mo kimwe

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