Génocide rwandais: une messe d’actions de grâces dite à Kintelé (Camp des réfugiés rwandais au Congo Brazzaville) en mémoire des disparus des années 90

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Le père Francisco Galvez Perez qui a présidé cette messe dite à la Communauté christ-Roi de la paroisse Sainte Claire de Kintelé, à l’initiative de la communauté des réfugiés rwandais en République du Congo, a prêché sur la paix, la tolérance, l’amitié et le pardon.

Les Rwandais se souviennent encore de la date du 6 Avril 1994 où l’avion qui portait son excellence Juvénal Habyarimana, président du Rwanda et son homologue burundais Cyprien Ntaryamira a été abattue et les évènements qui ont suivi cet attentant terroriste, marquant officiellement le début du génocide qui a fait des milliers de morts.  Il s’agit du 23e anniversaire de ce qui est considéré comme le plus grand crime au monde. C’est ainsi que le prêtre officiant est revenu sur son homélie de 1996, soit deux ans seulement après le génocide. En effet, Francisco Galvez Perez qui était en poste à Harare, au Zimbabwe, est l’un des rares religieux volontaires à avoir pris le courage de prêcher la parole de Dieu pendant trois ans dans un pays où les stigmates étaient encore perceptibles.

« L’homélie, le passage que j’ai lu, c’est mon ancienne homélie de 1996 au Rwanda. Le message était toujours la paix, j’insiste sur la tolérance, l’accueil réciproque. J’avais critiqué les condamnés à mort du génocide, c’est Dieu seul qui peut enlever la vie de quelqu’un, qui peut le juger. J’avais même aménagé la prison. La paix, nous devrons la construire à base de ces gestes d’accueil, de fraternité. Il faut pardonner », a-t-il conclu.

Pour le président de la communauté des réfugiés rwandais au Congo, Aloys Bayingana, cette messe a été une occasion pour eux de se rappeler des leurs qui sont morts depuis 1990 jusqu’au génocide. Il s’agit, a-t-il dit, d’une douleur éternelle. Interrogé sur la date butoir du 31 décembre prochain pour la fin de leur statut, il a indiqué que trois options sont retenues, notamment: le rapatriement volontaire; l’intégration locale et la demande d’exemption.

« Cela fait bientôt 20 ans que nous sommes ici, bien que nous sommes contraints à y partir, chacun a demandé son choix, nous ne savons pas si la réponse sera positive pour tout le monde. Nous vivons bien en symbiose avec la population congolaise, ce n’est que ces derniers temps que nous avons commencé à rencontrer des problèmes : vingt véhicules des réfugiés incendiés; braquages; intimidations; actuellement nous sommes traqués. Mais nous souhaitons que les gens qui ne seront pas exemptés puissent être intégrés localement, sans exiger le passeport rwandais », a plaidé Aloys Bayingana, précisant qu’ils n’avaient pas des relations avec leur ambassade.

Les jeunes ont, quant à eux, félicité les autorités congolaises pour leur hospitalité qui a permis aux Rwandais en âge de scolarité de bénéficier d’une bonne éducation.

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« Je suis arrivée au Congo très jeune, ils m’ont permis d’être scolarisée. Nous demandons à l’Etat congolais et à la communauté internationale de bien revoir le problème des réfugiés rwandais, il ne suffit pas seulement de les envoyer au Rwanda, il faudrait dorénavant traiter un certain nombre de questions liées à la fuite de ces derniers », a demandé Lyliane Abizera, étudiante en 1e année de thèse à la faculté des sciences et techniques de l’université Marien-Ngouabi.

Parfait Wilfried Douniama
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